Dans cet article, nous avons vu que ce qui sabote une relation saine à la nourriture, ce n’est pas un manque de volonté ou de discipline, mais une voix intérieure trop dure, nourrie par la honte, la culpabilité et l’auto-jugement.
Alors, comment transformer cette relation et faire de l’amour de soi un moteur puissant pour retrouver un poids d’harmonie ?
L’amour de soi : la clé de la régulation
Imaginez un enfant qui apprend à marcher. Imaginez qu’à chacune de ses – inévitables – premières chutes, on lui disait : « Tu es vraiment nul, tu n’y arriveras jamais » Est-ce que ces remarques auraient d’après vous plutôt tendance à favoriser ou à freiner son apprentissage ? Si vous avez des doutes, j’aimerais vraiment les lever : on le sait de manière très claire (de nombreuses études scientifiques à l’appui) :
on apprend mieux dans un environnement bienveillant, qui cultive la confiance, le droit à l’erreur et les encouragements que dans un environnement hostile, où le moindre faux-pas est sanctionné par un jugement sévère.
Ce qui aide un enfant à se relever malgré la chute, malgré la douleur et malgré la grande difficulté que cela représente d’apprendre à marcher, ce sont les encouragements des adultes autour de lui, les mines réjouies et émerveillées à chaque petit pas, et la confiance des personnes qui l’entourent qui savent et disent que – à force d’essais – il n’y a aucun doute sur le fait que cet enfant finira par savoir marcher.
Dans votre rapport à l’alimentation, lorsque vous vous demandez la perfection (je dois manger absolument parfaitement) et que le moindre écart à votre plan (un dessert imprévu, un repas copieux, un aliment “interdit” consommé) est suivi d’un jugement brutal (“tu as encore tout fait foirer, tu n’es pas capable de résister”) vous basculez dans le « foutu pour foutu » (“de toutes façons, tu n’y arriveras jamais”) : cela renforce la perte de contrôle et cela vient confirmer la pensée initiale et auto-réalisatrice “si je ne suis pas parfaite, je ne vaux rien, autant abandonner”.
S’aimer, c’est s’offrir un cadre bienveillant qui permet l’apprentissage. Et c’est aussi cela qui permet une perte de poids durable, non pas dans la lutte, mais dans une dynamique d’évolution respectueuse de soi. C’est aussi grâce à cet amour inconditionnel de nous-même que l’on peut cultiver la patience, la résilience, la confiance : autant d’ingrédients indispensable pour changer durablement de comportement alimentaire. Et là encore, beaucoup d’études ont été menées sur le thème de l’auto-compassion et toutes convergent sur le fait que s’aimer est un atout dans tous les domaines de vie. Des taux élevés d’auto-compassion sont associés à moins d’insatisfaction corporelle, moins de honte corporelle et une diminution des symptômes des troubles du comportement alimentaire. L’auto-compassion aide les individus à adopter des comportements alimentaires plus sains et les études révèlent également que l’auto-compassion peut s’apprendre. Bonne nouvelle non ?
La bascule vers l’amour de soi en 3 pratiques
Pour vous entraîner à cultiver davantage d’amour de vous-même, voici 3 pistes concrètes, à vous de pratiquer le plus souvent possible et d’observer les effets.
1.Changer son discours intérieur
Notez pendant une journée les pensées que vous avez sur vous-même après avoir mangé. Êtes-vous dans la critique (« Je suis incapable de me contrôler »), dans la peur (« Je vais encore grossir »), ou dans l’auto-compassion ?
Si votre dialogue intérieur est hostile, remplacez-le par des phrases plus neutres et bienveillantes :
- Je peux écouter mon corps et réajuster au prochain repas.
- Ce qui est fait est fait, si je me juge, vers quels types de comportements va m’encourager un jugement sévère de moi-même ?
- Je suis décue de mon comportement alimentaire, mais je peux me réjouir de ne pas basculer dans l’auto-critique.
- Ma compulsion était sans doute la meilleure réponse que j’ai trouvée sur le moment, j’apprends à faire différemment pas après pas.
2.Faire de son corps un allié, pas un ennemi
Votre corps n’est pas un obstacle à dompter comme les injonctions à la minceur vous ont amenée à le considérer, votre corps est votre partenaire. Un partenaire de plaisirs, d’expériences avec vos 5 sens et votre véhicule indispensable quelles que soit l’expérience que vous vous proposez de vivre. Au lieu de le voir comme un objet et un problème à résoudre, explorez ce qu’il vous permet de vivre, explorez tous les possibles, tout ce qui sans lui serait impossible.
Un exercice de gratitude puissant : écrivez chaque jour trois choses que votre corps vous permet de faire ou de ressentir et qui sont sources de plaisir (marcher, danser, rire, étreindre un proche…). Les pratiques de gratitudes aident à construire une relation plus douce et respectueuse de notre corps.
3.Prendre des décisions par amour, et non par peur
Une restriction motivée par la peur génère de la frustration et alimente les compulsions. En revanche, un choix guidé par l’amour de soi est bien puissant et vertueux.
- Ne vous demandez pas « Que dois-je manger pour maigrir ? »
- Mais plutôt : « Comment puis-je nourrir mon corps avec ce qui me fait du bien ? » Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi dans la nourriture ? Quelles valeurs est-ce que je veux incarner en mangeant ? Comment est-ce que je peux prendre soin de moi et de ce qui compte pour moi avec mes choix alimentaires ?
Lorsque vous agissez de manière connectée à vos valeurs profondes et non en réaction à une image de vous que vous voulez fuir, des émotions de honte que vous n’avez plus envie de ressentir ou l’espoir de vous aimer enfin, vous vous donnez l’opportunité d’ancrer de vrais changements durables. C’est la seule énergie, cette énergie d’amour, qui peut vous permettre de changer vraiment.
L’amour de soi, une pratique quotidienne
Encore une fois, s’aimer mieux ne se décrète pas : cela se construit jour après jour, à travers des actions concrètes. Chaque choix qui va dans le sens du respect de votre corps et de vos besoins est un pas vers votre poids d’harmonie.
Alors, prête à vous aimer un peu plus aujourd’hui qu’hier ?
Si vous pensez avoir besoin d’aide pour cultiver l’amour de vous-même, rendez-vous ici pour plus d’informations sur mes accompagnements et directement dans mon agenda pour prendre rdv.
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