Psychologie de l'alimentation
Pourquoi je n'arrive pas à maigrir alors que je réussis tout le reste ?
Parce que vous abordez votre assiette avec ce qui marche partout ailleurs dans votre vie, et que là, précisément, ça se retourne contre vous.
Les règles, le cadre, l'exigence qui vous réussissent au travail ou en famille participent à fabriquer ici le désir que vous essayez de contenir. Et l'énergie avec laquelle vous tenez ce cadre : la culpabilité, la honte, un fond de détestation de vous-même ne peut pas produire de résultat durable. Je vous explique ce qui se passe, et par où on peut commencer à travailler.
15 minutes, gratuit, en visio ou par téléphone.

Je vous parle d'un paradoxe que je connais par cœur, je l'ai habité pendant près de trente ans.
À l'aube de mes 40 ans, j'avais créé mon entreprise de zéro, dans un secteur que je ne connaissais pas. Je mettais du sens dans mon travail, dans mes relations, dans ma parentalité. Et le soir, j'étais incapable de résister à une deuxième part de lasagnes, incapable de faire autre chose que finir le reste de gâteau qui traînait dans le frigo tant il m'obnubilait. Je me regardais dans le miroir avec un mélange de colère et d'incompréhension : Pourquoi ce sujet me résistait et allait-il me résister toute ma vie ?
Depuis, je reçois chaque semaine en cabinet des femmes qui me racontent la même histoire, souvent avec les mêmes mots. Elles dirigent une équipe, une maison, une vie. Elles mangent bien la plupart du temps, souvent bio, elles cuisinent. On dit d'elles qu'elles assurent. Et elles me disent :
- Je contrôle tout, sauf ça.
- Ce sujet me résiste, je ne comprends pas pourquoi.
- Je suis bloquée. En panne.
- J'ai un problème avec la bouffe.
- Je m'y remets tous les lundis.
Si vous vous reconnaissez, restez là. Je ne vais pas vous dire quoi manger, vous le savez déjà. Je vais vous raconter ce qui se joue dans votre tête quand vous ouvrez le placard, et vous allez voir que rien, chez vous, n'est cassé.
Pourquoi ce sujet vous résiste, alors que vous réussissez dans d'autres domaines ?
Parce que vous l'abordez avec les mêmes outils que le reste, et que ces outils-là, ici, fabriquent exactement le problème qu'ils sont censés résoudre.
Regardez comment vous réussissez ailleurs : un objectif, un cadre, des engagements tenus, une correction quand ça dévie. Ça marche pour un dossier, un budget, une équipe. Alors vous faites pareil avec votre assiette, avec un plan, des règles (pas de sucre, pas de féculents le soir, pesée lundi) et beaucoup de rigueur. Et tentative après tentative, vous en concluez que vous êtes la seule personne au monde sur qui ça ne marche pas. Pendant ce temps-là, on distingue quatre mécanismes qui se jouent et que personne ne vous a expliqués.
1. La restriction fabrique le désir. Votre cerveau ne fait pas la différence entre une famine réelle et une privation mentale. Dès que vous vous dites « j'arrête le pain blanc », une partie archaïque de votre cerveau bascule en mode menace : dès lors elle cherche à économiser, stocker, et vous ne pensez plus qu'à manger du pain. Essayez de ne surtout pas penser à une licorne violette pendant la minute qui vient. Voilà. Plus vous résistez, plus la nourriture prend de place dans votre tête : c'est l'effet rebond, et c'est comme ça que commence le brouhaha mental.
2. Deux voix se disputent le volant de votre comportement alimentaire, pour la même raison. La première, c'est la milice autoritaire : il faut, je dois, je n'ai pas le droit à X ou Y, j'aurais dû, je devrais. La seconde, c'est l'enfant sauvage : j'y ai droit, je l'ai bien mérité, foutu pour foutu, c'est les vacances ! Vous pensez que votre problème, c'est la seconde ? La réalité, c'est que la première attise la seconde et que l'une comme l'autre ont la même fonction : vous éviter de ressentir quelque chose d'inconfortable : la déception d'avoir grossi, le dégoût devant votre corps dans le miroir, la frustration quand vous vous comparez à celles qui y arrivent, mais aussi... la fatigue de 18h, l'agacement d'une réunion, le vide d'un dimanche soir, l'ennui ou simplement la frustration de ne pas croquer dans ce biscuit qui traîner.
Contrôler ou « craquer » : c'est la même chose qui se joue : ne pas ressentir quelque chose d'inconfortable, la plupart du temps une émotion.
3. Le carburant. Ailleurs dans votre vie, vous vous engagez par envie, par sens, parce que ça compte pour vous. Dans votre assiette, vous vous engagez par honte, parce que vous ne supportez plus votre reflet, et un cadre porté par ce carburant-là ne tient jamais longtemps. Vous respectez le code de la route sans y penser ; quand il vous arrive de couler un stop, vous ne grillez pas tous les feux jusqu'à la maison pour vous punir. Avec la nourriture, le moindre écart, la moindre sortie de route justifie un foutu pour foutu. Le contrôle n'est pas le problème, c'est l'intention derrière le contrôle qui l'est.
4. Le sas de décompression : avec le temps, l'habitude, le conditionnement, vous avez aussi appris à taire vos émotions au travail, à prendre sur vous, à gérer pour les uns et les autres, vous aimez que ce soit bien fait, donc vous vous en chargez. Autrement dit, vous êtes épuisée au moins émotionnellement, et par un effet de conditionnement, la nourriture est devenu votre espace de liberté. L'endroit, où justement, vous ne gérez pas, où vous soufflez, où vous relâchez.
« Quelqu'un qui souffre a en priorité besoin d'amour. »
Marilyn Comte · Psychologue, spécialisée en psychologie de l'alimentation
C'est ce chemin, guidé par vos valeurs et plus dirigé par vos souffrances, que je vous propose d'emprunter dans le programme en ligne Mon Corps Chéri, capsule par capsule. Ouverture prochaine.
« Est-ce que j'ai un problème avec la bouffe ? »
Non. Vous avez une relation à vous-même qui passe par la nourriture.
La nourriture est un peu à la douleur émotionnelle ce que le Doliprane est à la douleur physique : ça soulage rapidement, mais ça ne règle rien durablement. Quand vous mangez sans faim, à 16h30 devant le placard ou à 21h devant la série, votre système nerveux a simplement trouvé le moyen le plus rapide de faire baisser la tension. Il a raison d'essayer. Son outil a juste un défaut : il crée une deuxième douleur, la culpabilité, que vous allez à nouveau chercher à calmer en mangeant ou en vous promettant de remettre du contrôle. (Je détaille ce mécanisme dans Comprendre l'alimentation émotionnelle.)
Je suis fatiguée, donc je mange. Comme je mange, je culpabilise. Comme je culpabilise, je mange. Vous connaissez la boucle.
Et puis il y a toutes ces autres pensées, développées avec le temps à propos de votre identité et qui ne vous aident pas : je suis comme ça. Bloquée, cassée, trop vieille, un métabolisme en panne, des hormones, trop de régimes qui m'ont détraquée. Je l'ai pensée pendant des années (« je suis faite pour être grosse », c'était ma version). Rechercher des limites physiologiques dans votre corps est une démarche légitime, et votre médecin est la bonne personne pour explorer ça avec vous. Mais ça ne vous économisera pas le travail à mener sur toutes les pensées que vous avez vis-à-vis de vous-même et qui entretiennent votre identité de personne qui a un problème avec la nourriture. Observez simplement ce que cette pensée fait pour vous : soit elle vous dédouane, soit elle vous condamne, et dans les deux cas elle vous dispense d'agir aujourd'hui. Une pensée qui vous dit que c'est foutu s'arrange toujours pour avoir raison.
Dans le programme que je vous propose, vous redéfinissez - ça se passe au niveau mental - toutes les pensées qui vous servent et vous mettez de la distance avec toutes les pensées qui vous desservent, pour créer votre propre direction artistique pour votre corps chéri.
Vous avez appris, très tôt et très bien, à vous consoler et à vous punir avec la nourriture. La bonne nouvelle, c'est que ce qui s'apprend peut se désapprendre.
Vous savez exactement quoi manger. Et vous ne le faites pas.
Parce que savoir n'a jamais été votre problème.
Vous avez lu les livres (moi aussi, à peu près tous ceux des vingt dernières années). Vous savez composer une assiette, vous connaissez les protéines, le sucre, les heures où il vaudrait mieux ne pas. Si savoir suffisait, vous ne seriez pas en train de me lire. « Qu'est-ce qu'il faut manger pour maigrir ? » est donc la mauvaise question : elle ajoute une règle aux 1 368 que vous avez déjà en tête, et chaque règle de plus, c'est un peu plus de brouhaha, un peu plus de il faut, un peu plus de barreaux dans une prison dont vous n'aurez de cesse de chercher à vous échapper.
Il vous manque un ingrédient et trois compétences qui se travaillent :
- La sécurité : votre corps stressé de femme hyperactive se trouve très souvent dans un état d'hyper-vigilance qui rend difficile toute action sur le mental ou l'émotionnel. Dans mes accompagnements, je vous équipe avec les outils qui permettent à votre système nerveux de retrouver la sécurité intérieure. Un état régulé à partir duquel vous pouvez apprendre et développer les compétences qui vous manquent.
- La conscience : repérer, en temps réel, ce que vous raconte votre tête juste avant la main dans le placard. Tant que vous ne voyez pas, vous subissez ; dès que vous voyez, vous créez un espace à partir duquel vous pouvez choisir.
- Le courage émotionnel : consentir à ressentir la fatigue, la frustration, le vide, sans y résister (comme vous encouragent à le faire les régimes) mais sans leur obéir non plus.
- La flexibilité mentale : réécrire chaque il faut en je choisis, et observer la différence dans votre corps. Il faut que je saute le dessert → Je choisis ce que je mange ce soir, et je m'y tiens parce que je le veux pour moi.
Vous savez déjà faire tout ça, avec votre équipe, avec vos enfants, avec un dossier compliqué. Il vous reste à l'apprendre avec votre assiette, là où l'on vous a toujours dit que seule la volonté comptait.
« Je suis bloquée. » Par où on débloque ?
Par un pas de côté.
La troisième voie, celle que je travaille en cabinet et dans mon programme, consiste à ressentir plutôt qu'à réagir : accueillir l'envie ou l'émotion sans lui obéir ni lui résister, puis choisir, depuis l'amour que vous vous portez, ce que vous voulez faire. Il existe un espace entre ce qui vous arrive et ce que vous en faites, et c'est là que votre liberté peut s'exercer. C'est un entraînement, comme le yoga, comme le vélo, comme votre premier poste à responsabilités : au début on tombe, et on apprend, dès lors qu'on ne se déclare pas soi-même inapte à la première chute.
Voici ce que vous pouvez faire dès ce soir, devant le placard ou le frigo. Avant la première bouchée, trois questions, dans cet ordre :
- Est-ce que j'ai faim ? Vraiment faim, dans le ventre, pas dans la tête.
- Est-ce que j'ai envie, pour moi, de choisir de manger ça, maintenant ? Si oui, mangez-le, en conscience, avec plaisir, et sans rien à « rattraper » demain.
- Si la réponse est non : quel est mon besoin ici, si ce n'est pas la faim ou du pur plaisir, qu'est-ce que je cherche en mangeant ? Du repos, du silence, du temps, de la solitude, de la connexion ?
Et quand vous mangez quand même (ça arrivera, souvent, au début), pas de sentence et pas de on verra lundi, mais de la curiosité. Tiens, qu'est-ce qui s'est passé ? De quoi avais-je besoin ? C'est la compassion, le troisième C après la conscience et la curiosité, et c'est elle, bien plus que la rigueur, qui permet de tenir un cadre dans la durée.
Comment choisirais-je de me nourrir ce soir si je chérissais déjà mon corps ?
Nuance : si vous avez du poids à perdre, avoir un peu faim entre deux repas est inoffensif, et même plutôt une bonne nouvelle (j'en parle dans Même pas peur d'avoir faim). Si, à l'inverse, vous vivez des crises alimentaires fréquentes ou que la faim vous terrifie, le travail commence ailleurs, par la sécurité intérieure, et c'est précisément ce que l'on fait ensemble.
Ce que je vous propose
Ni un régime. Ni « écoute ton corps, il va se réguler tout seul ».
Un accompagnement en quatre dimensions : mental, somatique, émotionnel et comportemental pour reprendre la direction de votre vie alimentaire, avec l'approche que j'ai appelée l'écologie de nos corps chéris : votre corps est votre premier environnement, et il mérite le soin que vous mettez partout ailleurs. On avance avec les outils issus des thérapies cognitives et comportementales, de l'alimentation intuitive, de l'auto-compassion, de la psychologie du changement et de la yogathérapie.
01
Clarté
Comprendre votre fonctionnement mental, émotionnel et somatique, et poser une intention qui est la vôtre, pas celle d'un magazine.
02
Amour
La compassion et la confiance comme carburant, parce qu'on ne prend pas soin de quelqu'un que l'on n'aime pas.
03
Écologie du désir
Repositionner la nourriture pour qu'elle cesse d'être un objet de tension et redevienne un plaisir parmi d'autres.
Les séances individuelles
En visio ou en cabinet (Rognonas, Les Angles, Montpellier). Une première séance d'une heure pour comprendre votre histoire et poser un à trois objectifs concrets, puis des séances de 45 minutes qui commencent chacune par une pratique d'ancrage. Entre les séances : un plan d'action, des audios guidés, des fiches, et moi par écrit si vous en avez besoin. Comptez une quinzaine de minutes par jour.
Le programme en ligne Mon Corps Chéri
Pour avancer à votre rythme : des enseignements en vidéo et des pratiques guidées, capsule par capsule, un nouveau module chaque mois, et une communauté de femmes (et de quelques hommes) qui font le même chemin, où vous pouvez rester anonyme. Ouverture prochaine : laissez votre email pour être prévenue le jour J.
Ce que je ne vous promets pas : une approche facile et rapide. Je vous propose une voie en mode slow, elle est moins sexy, mais c'est la seule voie pour changer en profondeur l'expérience que vous faites de vous-même, de votre corps et de votre assiette. Perdre du poids pour la dernière fois. Mais franchement, c'est (vraiment) beaucoup plus que ça et qu'une histoire de poids sur la balance.
Et si vous hésitez (encore un programme ? et si ça ne marche pas sur moi ? je n'ai pas le temps), l'appel découverte est fait pour ça : un quart d'heure pour regarder ensemble où vous en êtes, et si c'est la bonne approche et le bon moment pour vous.
Elles ont été accompagnées
J'ai l'impression de découvrir un nouveau monde, où je vais arrêter de me flageller et commencer à m'accepter. Ce sont de petits pas, mais quel chemin !
Claire
J'ai passé une semaine entière de rêve après notre appel. Accrochée à ma vision « Libre et Légère », c'était juste dingue et ça me rendait euphorique.
Pauline
Marilyn a su me guider et poser les bons mots. Des propositions d'actions concrètes pour se sentir mieux. Une réelle source d'inspiration à chaque échange.
Vicky
Vos questions
Ce que l'on me demande souvent
Est-ce que c'est le stress, les hormones ou mon métabolisme qui m'empêchent de maigrir ?
Peut-être en partie, et c'est à votre médecin de le vérifier. Dans mon cabinet, la question « est-ce que c'est mon corps ? » arrive presque toujours au moment où l'on préfère ne pas regarder ce qui se passe entre une émotion et la prochaine bouchée. Le stress agit de manière quasi-certaine sur votre corps, sur votre sécurité intérieure, sur votre tendance à stocker ou non et plus sûrement encore sur votre façon de manger. Et ça, ça se travaille.
Faut-il arrêter de vouloir maigrir pour y arriver ?
Non. Vous avez le droit de vouloir un corps plus léger MAIS vous n'avez pas besoin de trouver votre corps beau pour décider d'en prendre soin, dès aujourd'hui. On va travailler une relation à soi basée sur un carburant d'amour et à partir de là, se soutenir pour perdre du poids. On ne nourrit durablement avec justesse qu'un corps que l'on chérit déjà. Mais travailler à partir d'une énergie d'amour de soi protège aussi de vouloir affamer un corps qui serait déjà en dessous de son poids d'équilibre.
Combien de temps ça prend ?
Le brouhaha baisse en premier, les repas redeviennent des repas, et le corps s'allège à son rythme. Ce qu'il perd ne revient pas, parce que rien ne repose sur votre volonté : votre relation à la nourriture a changé, et elle reste changée.
Je n'ai pas de « vrai » problème, juste huit kilos qui ne partent pas. Est-ce pour moi ?
Si ces huit kilos occupent votre tête tous les jours, si vous ne savez plus manger un dessert sans négocier, oui, c'est pour vous. L'accompagnement que je propose en ligne ne s'adresse pas aux personnes qui ont un diagnostic de TCA. Mais on n'a évidemment pas besoin de souffrir d'un TCA pour souffrir de sa relation à la nourriture.
Est-ce qu'un accompagnement en ligne peut vraiment marcher ?
Ce qui fait le travail, c'est la pratique quotidienne entre deux rendez-vous, en ligne comme en cabinet. Le programme vous donne les enseignements et les pratiques ; les séances individuelles ajoutent le sur-mesure et le soutien, et les deux se combinent.
Partout ailleurs, vous avancez avec vous-même. Dans votre assiette, on vous a appris à avancer contre vous. Le jour où vous changez de camp, toutes vos compétences suivent.
Alors, dites-moi : dans votre vie, où le contrôle est-il simple, naturel, flexible ? Et qu'est-ce qui, dans votre assiette, le rend rigide et douloureux ?
Si vous avez envie d'être accompagné-e sur ce chemin, vous pouvez réserver un appel découverte, découvrir le programme en ligne, ou commencer par lire ma lettre, gratuite, un dimanche sur deux.
Marilyn
L'autrice
Marilyn Comte est psychologue, titulaire d'un DU de psychologie et pédagogie du comportement alimentaire et formée à la yogathérapie. Elle consulte en libéral depuis quatre ans à Rognonas, Les Angles, Montpellier et en visio, et écrit la lettre « À nos corps chéris », gratuite, un dimanche sur deux. En savoir plus sur Marilyn.
Et si on regardait ça ensemble ?
Un appel de 15 minutes, gratuit, en visio ou par téléphone.
